Chine du Sud
Hormis Hong-Kong, le sud de la Chine, que nous avons prévu de traverser sur le chemin du retour, m’était totalement inconnu : Shanghai, les villes d’eau, les montagnes jaunes, le Guizhou, le Sichuan…
Du 18 juin au 7 juillet, c’est un périple de 20 jours et plus de 3000 km qui nous attendait, entre Shanghai et Chengdu, dans la chaleur humide de cette immense plaine subtropicale, à travers les villes tentaculaires, les rizières et les plantations de thé, les tours en béton, les villages touristiques et la foule.

Shanghai
En provenance de Corée, nous commençons par Shanghai. Deux jours seulement, sans doute pas assez pour découvrir cette mégalopole trépidante de 25 millions d’habitants, fondée au 13ème siècle, qui était dans les années 1930 le premier port de Chine et le principal centre commercial et financier d’Asie, surnommé la « perle de l’Orient ».
Sur le Bund, les façades occidentales des immeubles des années 1930 font face aux tours ultra-modernes et aux écrans géants du quartier de Pudong. Nous fêtons les 11 ans de Jean, nous promenons dans ce qui reste de la concession française, admirons le hall art-déco de l’hôtel Fairmount, disons au-revoir à Pauline, qui rentre en France, contemplons les gratte-ciel de Pudong de nuit… Les années 1930 sont bien loin.




Suzhou, Hangzhou
Après Shanghai, place aux villes d’eau. D’abord la petite Tongli, ses jolis canaux, mais aussi son droit d’entrée et ses boutiques pour touristes, que nous retrouvons dans tous les villages et petites villes pittoresques que nous visitons.
Tongli, comme les autres, est une enclave, à laquelle on accède via un « centre d’information touristique » et un guichet payant. Autour c’est la Chine de 2026, les tours en béton par dizaines, le flot ininterrompu de véhicules, la compagne industrieuse… A l’intérieur, c’est un décor, pas totalement défiguré par les boutiques de cafés lattes et de colifichets. Pingyao, Tongli, Hongcun… ça et là dans le pays, ces vestiges d’un passé romantique, glorieux et certainement fantasmé, fascinent les Chinois et on y trouve tous les 100 mètres des boutiques qui louent des costumes.
Suzhou et Hangzhou, c’est différent. Ces deux villes plurimillénaires, de plus de 10 millions d’habitants, incarnent, chacune à leur manière, le raffinement de la culture chinoise. Nous visitons les deux sous de véritables trombes d’eau (jusqu’à 25mm de pluie par jour).
Suzhou est connue pour ses canaux, ses jardins anciens aux noms délicieux, ses ponts de pierre… Nous nous promenons notamment dans le Jardin de l’humble administrateur, conçu au 16ème siècle par un fonctionnaire à la retraite, comme une représentation de la nature : des étangs et bassins figurent les lacs et les mers, des rochers symbolisent les montagnes…
A Hangzhou, c’est le lac de l’Ouest qui fait la renommée de la ville. Paysage façonné depuis plus de 1000 ans, il est bordé de chaussées piétonnes, de pavillons et de temples, de jardins… Le Lac de l’Ouest inspire artistes et poètes depuis des siècles. Marco Polo considérait qu’Hangzhou était la plus belle ville du monde…
Les jardins de Suzhou et le Lac de l’Ouest symbolisent l’esthétique chinoise du paysage, travaillé par l’Homme mais conçu pour paraître naturel et offrir une représentation miniature de la nature tout entière.






Les Montagnes jaunes
Nous reprenons le train pour Huangshan, direction l’un des sites naturels les plus célèbres de Chine, les Montagnes jaunes, qui offrent, paraît-il, le spectacle inoubliable de pins torturés, accrochés à des pics de granit émergeant de la brume, à près de 2000 mètres d’altitude.
La ville au pied des montagnes, Tangkou, n’a rien de rare mais constitue un bon camp de base. Pour monter au sommet, il faut prendre un bus, puis un téléphérique. Malheureusement pour nous, ce jeudi 25 juin 2026 a probablement été la journée la plus brumeuse de l’année et nous n’avons pu que deviner la beauté de ces mythiques Montagnes jaunes.
A noter que, comme tous les sites touristiques en Chine, l’endroit est entièrement aménagé : escaliers, rampes et même fast-foods au sommet… ravitaillés à pied par des porteurs, qui peuvent transporter jusqu’à 50 kilos de sodas et d’ailes de poulet à dos d’homme.




Yangshuo
Après notre halte à Hong-Kong, nous reprenons notre route vers le Sud-Ouest avec une première étape à Yangshuo, dans la région autonome et agricole du Guangxi.
Yangshuo est célèbre pour ses pics karstiques, qui surplombent les rivières Li et Yulong. Le coin est effectivement sublime. Nous nous promenons à vélo dans les rizières, descendons la rivière Yulong en radeau de bambou et fêtons l’admission de Romain en CAP Joaillerie à l’école Boulle !




Zhaoxing
Dernière étape avant Chengdu, nous faisons une courte pause à Zhaoxing, gros village de la minorité Dong au Sud-Est du Guizhou, au milieu des rizières en terrasse). Grandes maisons en bois (les Dong sont un peuple de charpentiers et de menuisiers), tour du tambour, pont du vent et de la pluie…
Là aussi : ticket et guichet à l’entrée, magasins de location de costumes d’époque, musée de la culture Dong… Le folklore




Chengdu
6 heures de train et nous voilà à Chengdu. Je pensais que nous allions en finir avec la chaleur humide, raté, il va falloir attendre le Tibet.
Pandas, grand Bouddha de Leshan… l’étape est très attendue par les enfants ! La ville elle-même, capitale du Sichuan, 20 millions d’habitants, ressemble à beaucoup d’autres grandes villes chinoises mais la vie y semble plus douce : de grands parcs, des maisons de thé, beaucoup plus de vélos et de pistes cyclables qu’ailleurs…
Nous y passons 3 jours agréables, achetons d’anciennes pièces de mah-jong dans un marché d’antiquités, dévalons les toboggans d’un parc aquatique psychédélique, allons voir des pandas dans un centre qui les traite à peu près bien et passons en bateau sous l’immense Bouddha taillé dans la roche rouge de Leshan…
Nous goûtons aussi la cuisine du Sichuan, et son fameux poivre qui n’en est pas. Il s’agit en réalité d’une épice au goût floral, assez puissant, contenant une molécule qui provoque une sensation d’engourdissement, assez forte et persistante si l’on en croque une baie. Cette sensation, appelée má, se combine au piquant du piment, appelé là, pour former la saveur málà, emblématique de la cuisine du Sichuan.
Ca y est, après 3 semaines très variées et riches, et chaudes et pluvieuses, en Chine du Sud, nous partons demain pour le Tibet !




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