Kyushu
Nous débarquons à Fukuoka mercredi 27mai à 7h30, à l’heure prévue dans un tableau Excel il y a plus d’un an, après avoir parcouru 16 845 km et pris 24 trains, 6 bateaux, 9 bus, 8 voitures et un avion (voir le détail du trajet). Nous aurons mis 6 semaines pour traverser la moitié de la planète.
Parce que c’est le but de notre voyage et que je rêve de ce pays depuis des années, je sais que le Japon ne sera pas un simple « pays de plus ». J’ai hâte !
Nous voici à Kyushu. Fukuoka est la principale ville (1,4 millions d’habitants) de cette grande île du Sud-Ouest du pays. Mélange d’immeubles et de maisons basses, nous la contemplons depuis la Fukuoka Tower, située au bord de l’eau. Nous dégustons nos premiers ramens, découvrons les bus, les toilettes commandées… tout est nouveau ! Et en ce premier soir, nous expérimentons les yantai, stands de cuisine de rue au bord du canal.




Pour profiter au mieux des 4 jours que nous passerons à Kysuhu, nous avons loué une voiture, une Toyota blanche toute bête. Je regrette de ne pas avoir choisi une kei car, ces petites voitures qu’on voit partout, et seulement au Japon. Les premières minutes de conduite à gauche sont un peu stressantes, mais Pauline s’en sort très bien !
1ère étape : le village potier d’Okawachiyama, charmant, au pied des montagnes.


2ème étape, après le déjeuner : Nagasaki. Nous découvrons une ville très agréable, vallonnée, au bord de la mer.
Pendant presque toute l’ère Edo (1603-1868), plus précisément pendant la période de fermeture du Japon (appelée Sakoku), de 1639, année d’expulsion des portugais, à 1853, soit plus de 200 ans, la minuscule île de Dejima, au centre de la ville, a été le seul endroit dans tout le Japon où le contact et le commerce avec les étrangers était autorisé. L’île a une surface d’1,5 hectares et se traverse en moins de 5 minutes. Pendant le Sakoku, seuls les protestants hollandais de la Compagnie des Indes orientales pouvaient accoster sur Dejima, y décharger du coton, de la soie, du sucre, des peaux, mais aussi des livres et instruments scientifiques. Ils rapportaient ensuite en Europe du cuivre, de l’argent, de la porcelaine, des objets en laque…


Le lendemain, nous nous rendons au Parc de la paix et au Point zéro, au-dessus duquel les USA ont fait exploser la 3ème bombe nucléaire de l’Histoire, le 9 août 1945. Le Musée de la bombe raconte en détail ce crime : l’explosion à 500 mètres d’altitude, pour maximiser les dégâts, la mort instantanée dans un rayon d’un kilomètre, la combinaison dévastatrice de la chaleur, des radiations et du souffle, les corps déformés, les incendies… Ce matin du 9 août, environ 40 000 personnes vont mourir, sur une population de 250 000 habitants, et 35 à 40% des bâtiments seront détruits. Le 15 août, l’empereur Hirohito annonce la reddition du Japon.




Après Nagasaki, c’est une journée à étapes qui nous attend : d’abord un ferry pour rejoindre Kumamoto, puis le vénérable mont Aso, dont les alentours me font penser aux volcans d’Auvergne, et enfin Takachiho et ses gorges de carte postale. Comme lors du trajet Fukuoka – Nagasaki, la végétation est luxuriante et la forêt, épaisse et verte, ne s’arrête qu’à contrecœur au contact de la mer.




Notre 4ème et dernier jour à Kyushu nous conduit à Taketa, village d’artisans passés maîtres dans le tissage du bambou, puis à Beppu, dont les sources chaudes font la renommée dans tout le Japon. Les fumerolles de vapeur s’élèvent des cheminées qui parsèment la ville et sourdent des rigoles au milieu des rues. Nous expérimentons les bienfaits des onsen, ces bains d’eau thermale dont raffolent les japonais. On s’y lave, assis et nus, et s’y délasse dans des bassins d’eau très chaude.




La vie semble douce à Beppu, malheureusement nous en repartons trop tôt, le lendemain matin, pour rendre la voiture à Fukuoka. Adieu Kyushu, direction Honshu. Nous avons adoré cette île calme et sauvage.
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