Impressions premières
Nous quittons Nantes dimanche 12 avril. Je me sens excité de partir, après 6 mois de préparation, inquiet du rythme peut-être trop intense, heureux de voyager 4 mois avec les garçons, reconnaissant à Pauline de me laisser partir avec eux…
Je rêve de ce voyage depuis plusieurs années. Partir loin, ensemble, prendre des dizaines de trains, de bateaux, de bus, traverser l’Europe et l’Asie, découvrir des langues et des villes lointaines, rencontrer des inconnus…
Qu’allons-nous trouver sur notre route, alors que le monde s’embrase ? Générosité, indifférence, curiosité, méfiance ? Et nous, saurons-nous être assez ouverts, curieux et profiter de chaque instant ? Les enfants vont-ils mieux s’entendre qu’à la maison ? Au bout de combien de temps vais-je avoir envie de les étriper ? Je crois que je serai heureux de retrouver Pauline au Japon…
Le premier train du voyage nous emmène en Auvergne, embrasser grand-mère et maman, dormir dans la maison où j’ai appris à faire du vélo. Nous dînons dans la salle à manger jaune, sous le trophée du sanglier, et je pense à Samarcande et au grand Bouddha de Leshan.
Nous quittons Vichy lundi 13 avril matin pour Lyon, puis Milan, d’où nous repartons de bonne heure pour Venise. C’est ici, en marchant le long des canaux et en écorchant le nom des rues, que le voyage commence vraiment. Des chefs d’œuvre à chaque coin de rue, des palais millénaires perchés sur des millions de pilotis, Venise ou le génie humain… les garçons n’en reviennent pas. Selon une étude récente, la ville devrait disparaître d’ici 200 ou 300 ans à cause de la montée des eaux.




Nous repartons mercredi 15 avril pour Naples. Après la ville musée, on change d’ambiance. Naples c’est un chien borgne, un gamin torse nu, qui crie, une femme en rouge sur un scooter, la mer qui brûle, un grand sourire sans dents.
On mange des pizzas, bien-sûr, et puis des pasta alla genovese, des gaffaris, du baba…




Jeudi on visite Pompéi, ensevelie en quelques heures il y a presque 2000 ans. Sur le sol en mosaïque de l’entrée d’une maison, le fameux avertissement cave canem, attention au chien, sur le mur d’une taverne, l’inscription « Nous étions contents de venir, nous sommes encore plus contents de repartir ! »…


Après Naples, train pour Bari, première glace, premier saut dans la mer, premier bateau, vers la Grèce.


D’abord, les Météores, au Nord-Ouest, des monastères du 15ème siècle, construits sur des pitons rocheux à plusieurs centaines de mètres de hauteur. On a du mal à imaginer la vie de ces moines il y a 600 ans. Aujourd’hui les touristes se pressent et on ne les aperçoit plus guère.


De Kalambaka, nous prenons un bus puis un train pour Athènes. La ville est très agréable, elle me rappelle un peu certains quartiers de Buenos Aires : architecture légèrement anarchique, rues aérées et fleuries.
Les grecs sont adorables, comme tous les gens que nous avons croisés jusqu’ici.
Les colonnes du Parthénon, les tuniques des caryatides et les visages de pierre du musée de l’Acropole sont impressionnants.
Comme à Pompéi, la beauté des bâtiments, le raffinement des objets et la noblesse des matières contrastent avec la laideur de nos villes et les couleurs criardes de nos habits synthétiques.






Mardi 21 avril, nous prenons le bateau pour Mykonos. J’aurais préféré une autre île, mais c’était la seule étape possible pour rejoindre ensuite Samos, porte d’entrée vers la Turquie. Je suis curieux de découvrir ce fleuron du tourisme global.
Nous y arrivons au tout début de la saison, les hordes de fêtards et la jet-set internationale ne sont pas encore là.
Le décor est parfait, les bougainvilliers mettent du rose et du fuchsia sur le ciel et le blanc des maisons semble avoir été peint la veille.
Tout est beau, mais on sent bien que c’est un peu faux (il faut dire que nous restons dans le centre de Chora, le village principal).
Les employés des boutiques sont jeunes et lookés, souvent plus que leurs clients : joggings épais, sabots Birkenstocks, vendant avec sérieux et enthousiasme des boules de glace melon-mascarpone à 6€.



Nous ne restons que quelques heures et repartons en ferry pour Samos. On dirait l’antithèse de Mykonos : peu de touristes, une atmosphère tranquille, l’appel du farniente…




Demain, bateau pour la Turquie, nous quittons l’Europe.
Laisser un commentaire