Une semaine En turquie

Après 10 premiers jours de rêve en Italie et en Grèce, nous arrivons en Turquie par bateau, à Kusadasi, près d’Izmir, à l’Ouest de l’Anatolie. La ville et notre hôtel surplombent la mer, Armand et Jean se précipitent à la piscine. Pour le dîner, nous échouons chez Yilmaz, survêtement noir, banane, plus beaucoup de dents mais un sourire de Napolitain. Plat unique, riz au poulet, piments à volonté.

Jeudi 23 avril, taxi pour Ephèse, à 20 minutes seulement de Kusadasi. Mauvaise surprise, la visite est hors de prix, 160€ pour nous quatre, pas de tarif réduit pour les enfants. C’était déja le cas à Istanbul, il y a deux ans. Je décide de faire l’impasse. Le site est sûrement magnifique, mais nous étions à l’Acropole il y a quelques jours…

Nous rejoignons la petite ville d’à côté, Selçuk, à pied, 5 km à travers champs, sous le regard interloqué des quelques turcs que nous croisons. Il pleut, le paysage est désolé, quelques maisons en mauvais état, des chiens qui aboient à notre passage, des enfants débraillés, qui jouent avec un vélo cassé. Beaucoup de déchets.

A Selçuk, nous tombons sur le « festival des enfants » : quelques stands, tir à l’arc, barbe à papa, casques de réalité virtuelle… Soudain l’hymne turc retentit, tout le monde se fige solennellement. Dans la ville, de très nombreux portraits d’Atatürk.

De Selçuk, train pour Izmir, puis pour Ankara. Premier train couchettes du voyage, de 19h à 10h le lendemain matin. Cabines de 2, très confortables. Immense wagon restaurant, les garçons apprennent la bataille corse au barman, je vais me coucher.

Courte escale à Ankara, la capitale. Là encore, Atatürk est partout. Nous partons visiter son mausolée, lieu immense, ultra-sécurisé, au cœur de la ville. Le tombeau du père des turcs repose dans un temple à colonnades néoclassiques, orné de bas reliefs socialisants. Des milliers d’écoliers, certains portant des t-shirts à l’effigie d’Atatürk, des gardes hiératiques, relevés toutes les heures, et à nouveau l’hymne turc, qui met tout le monde au garde-à-vous…

D’Ankara, nous prenons un bus pour Göreme, capitale de la Cappadoce des touristes. Ce qui a dû être un village rural au cœur d’un paysage minéral exceptionnel, s’est aujourd’hui transformé en gros bourg instagrammable : hôtels troglodytes, agences de voyage, magasins de bijoux, restaurants chinois, quads, Burger King…

Cela étant dit, le lieu reste spectaculaire et la ville agréable. La journée, il suffit de s’éloigner de quelques centaines de mètres des points où les touristes se font déposer par cars entiers pour se retrouver entièrement seuls. Nous faisons une longue randonnée dans les vallées rose et rouge et allons admirer le château surréaliste d’Uchisar. C’est beau.

Après la Cappadoce, direction Malatya, via Kayseri, pour une étape que j’attends avec impatience : Nemrut Dagi, le tombeau d’un roi séleucide, mort il y a 2000 ans, perché au sommet d’une montagne qui surplombe l’Euphrate : voir l’article dédié.

Après cette parenthèse incroyable, nous revenons à Malatya. La grande ville du Sud a été partiellement détruite par le grand tremblement de terre qui a secoué cette région de la Turquie en 2023. La mosquée Yani Camii et le grand bazar sont toujours en reconstruction.

Nous enchaînons ensuite les trains et les heures défilent dans les salles d’attente en pleine nuit. Les gares aussi : Çetinkaya, Sivas, Divriği, Erzincan… Petit à petit la route s’élève, traversant les montagnes arides de Yara et de Munzur, suivant des rivières terreuses et longeant des lacs vert-de-gris.

Enfin, nous arrivons à Erzurum, à l’extrême Est de la Turquie. La ville est proche des stations de ski du Palandöken. Nous y restons une nuit, le temps de déguster l’agneau le plus fondant qui soit, puis nous repartons, en bus, pour Hopa, à la frontière géorgienne.

Nous passons la frontière sans encombre et voici Batoumi, qui borde la mer Noire : ville verticale, partout des tours en construction. Là aussi, nous ne restons qu’une nuit, au 34ème étage d’un des innombrables gratte-ciels, puis faisons route vers Kutaisi, d’où nous devons prendre l’avion pour Aktau. Petit aéroport flambant neuf, une heure de vol au-dessus de la mer Caspienne, premiers pas en Asie centrale…


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